MANIFESTE «Pour l’inclusion scolaire des enfants autistes … mais réussie»

Appel à signature du Manifeste pour l’inclusion scolaire des enfants autistes … mais réussie !

Ouvert à tous les Parents et Familles d’enfants autistes, Enseignants, Directeurs d’école, Personnel des crèches, AVS, Aidants et accompagnants, Médecins, Personnel de santé et du monde para médical, Spécialistes de l’autisme, Chercheurs, Maires, Députés… et autres personnes concernées par l’autisme.

MANIFESTE «Pour l’inclusion scolaire des enfants autistes … mais réussie»

Faute d’études bilans depuis 2005, tout le monde s’accroche à la vision idéale d’une inclusion en classe ordinaire à tout prix, qui, pour les enfants TSA  (trouble du spectre autistique) ne donne pas à ce jour sur le terrain le résultat escompté en France ou ailleurs. Elle entretient des illusions que ces jeunes risquent de payer cher à terme. Au nom de «l’inclusion systématique», de plus en plus d’enfants TSA,  sont scolarisés dans des écoles ordinaires et doivent l’être tous à partir de 3 ans en 2019 selon le 4ème plan, d’autant que  le coût (sans l’auxiliaire de vie scolaire)  est de 3600 euros /an à l’état, donc 10 à 15 fois moins onéreux qu’en établissement spécialisé.

Des pays pratiquant l’inclusion scolaire depuis plus de 10 ans dénoncent ces difficultés comme l’Allemagne (“Der Spiegel”, mai 2017) contrainte d’ouvrir de plus en plus d’écoles spécialisées et d’institutions pour jeunes adultes. Même réaction en Italie, pourtant modèle d’inclusion scolaire des handicapés ( «L’envers du décor » de Lucien Marbeuf, professeur des écoles, France info 20 mai 2016 »)

OUI à l’inclusion scolaire des enfants autistes, en «milieu ordinaire»

Oui, au 4ème plan Autisme (2018-2022), du 6 avril 2018, visant à garantir la scolarisation effective des enfants autistes dès l’âge de 3 ans grâce à la mise en place du diagnostic précoce,

Oui, à la loi du 11 Février 2005, qui fonde le principe de l’inclusion scolaire,

Oui, à la Charte sociale européenne (Article 15) qui prône le droit des enfants et adolescents autistes à la scolarisation en priorité dans des établissements de droit commun,

Oui, à la Convention de l’ONU sur les droits des handicapés qui prévoit en 2006 (article 24) «que Les êtres humains avec handicap sont traités à égalité et ont accès à l’enseignement intégratif, de haute qualité et gratuit aux écoles primaires et collèges.»

Mais… NON à l’inclusion scolaire systématique

NON à l’inclusion précoce : illusoire pour les parents, douloureuse pour les enfants, décourageante pour les enseignants, pénalisante pour les enfants ordinaires.

  • Illusion de faire croire aux familles que l’inclusion scolaire est un remède aux troubles de leur enfant. C’est négliger ses spécificités neuro-développementales et sensorielles. Les tests (communication, conscience, cognition, sensorialité) montrent que c’est un bébé avec des outils de bébé. Peut-on mettre un bébé à l’école de moins de 3 ans avec profit, alors qu’il n’a pas la conscience de soi ni de l’autre, ni les repères temporels, ni les outils de communication des enfants ordinaires ?
  • Souffrances à l’école des enfants autistes  dont ils témoignent : liées à leur incapacité développementale (sauf pour les autistes Asperger, et encore…) à apprendre  et intégrer les notions élémentaires scolaires « comme tout le monde » et liées, pour tous, à leur hyper-connectivité sensorielle (auditive, visuelle ou olfactive) amplifiée en milieu bruyant comme l’école. Cette incapacité à filtrer les stimuli de l’environnement, démontrée en 2016 par des chercheurs de Harvard (Caroline Robertson et le neurotransmetteur GABA) provoque une sur-stimulation sensorielle qui les replie ou les enferme dans la manipulation d’objets ou des gestes répétitifs, ou déclenche cris,  agitation ou violence.
  • Enseignants désemparés, de plus en plus nombreux à alerter syndicats et ministère, face à des situations ingérables, à l’exemple de l’école de St Victor-sur-Rhins (42) : Récemment fermée, après deux ans d’insultes, coups, crachats et morsures graves, causés par deux enfants autistes, en dépit de la présence pour chacun d’AVS (auxiliaire de vie scolaire). Ils dénoncent leur impuissance à gérer une classe plus agitée (dégradant le niveau scolaire) malgré les efforts d’accompagnement et de formation du personnel éducatif.

Les conditions de l’inclusion scolaire réussie

L’inclusion scolaire peut réussir si l’enfant autiste a le stade de développement  requis pour l’apprentissage et la sociabilité.

Pour cela, il faut :

  • Agir dès le diagnostic précoce, et, grâce à la plasticité cérébrale, relancer le développement neurocognitif pour atteindre par étapes la conscience de soi, de l’autre et la capacité de communication d’un enfant normal (dans la norme) de 3 ans.
  • Proposer à l’enfant un environnement sensoriel adapté, à l’écart du bruit du monde, des lumières vives dans un petit espace bien délimité, qui diminue l’angoisse et le repli.
  • Le remettre dans les conditions du développement du tout petit :
  1. Jouer en face à face, pour créer l’échange, clé du développement.
  2. Organiser le relais continu de personnes aimantes et gaies, formées et encadrées, pendant ses heures d’éveil (pas de solitude face à lui-même dans un monde pour lui incompréhensible  et source d’angoisses).
  3. Entretenir la détente permanente par le jeu libre, en suivant ses centres d’intérêt, sans stimulation orientée ni apprentissages programmés.
  4. Atteindre patiemment, par étapes, l’inclusion scolaire, en adaptant constamment son planning  de plus en plus ouvert à la présence aux autres, au monde et aux apprentissages.
  • Au stade développemental « 3 ans », stade où les enfants parlent, posent des questions, avides d’apprendre par eux-mêmes, capables de concentration, l’inclusion scolaire est possible, très progressivement : pour éviter un accompagnement type AVS et réussir par eux-mêmes comme les autres, tout au long de leur scolarité (école, collège, lycée).

Le rattrapage développemental est possible et moins coûteux !

  • Organisé en différentes modalités :
    • dans une petite salle de jeu individuelle dédiée, soit à domicile, soit à la crèche, soit à l’école (de 3 ans à 6 ans civil)
    • dans des Mini Unités Maternelles pour Autistes (mini UEM) d’un nouveau type avec prise en charge individuelle développementale dans un cocon sensoriel, différentes des UEM actuelles à visée et outils plus comportementaux que développementaux.
  • Les coûts évités sont considérables. Si les pouvoirs publics en prenaient conscience, ils favoriseraient l’expérimentation de cette solution pour ces enfants dont une bonne partie pourrait éviter ainsi l’école spécialisée et l’institution à vie.

L’Association Autisme Espoir Vers l’Ecole œuvre en ce sens depuis 12 ans comme indiqué dans son nom, et intègre scolairement avec profit une bonne moitié des enfants après 3 ans de jeu, à moindre coût.