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Les 2 éléments novateurs des 3I

La Méthode 3I est à l’opposé des méthodes comportementales.

Les progrès du comportement et la prise de conscience viennent du développement et non d’un apprentissage répétitif : naturellement comme pour tout enfant qui grandit.

1/ Prise en compte de la nature neuro-développementale de l’autisme

L’autisme est reconnu aujourd’hui comme un trouble neuro-développemental lié à un dysfonctionnement des connexions neuronales du développement à la naissance, responsable du retard de développement : l’autiste est comme « un bébé dans un corps de grand : La plasticité cérébrale permet à tout âge de refaire des connexions non faites et de les réparer ainsi.

Ce retard neuro-développemental détermine la spécificité de la méthode 3i « Interactive, Individuelle, Intensive», crée en 2006 par l’association AEVE à la suite d’une expérience réussie.
Elle met en place tout ce qui permet la reprise du développement manqué tout petit, grâce à la plasticité cérébrale.

  • cadre rassurant : salle de jeu est un berceau équipée de jeux sensoriels et moteurs
  • La détente et le jeu qui suppriment les angoisses
  • Jeu Individuel : le « one to one » permet d’éveiller la conscience de l’autre.
  • Jeu Intensif  du lever au coucher : Le jeu supprime l’angoisse d’être seul face à lui-même comme un tout petit a besoin d’une présence rassurante et permanente dès son réveil. ce qui implique le relais des parents par des intervenants nombreux, bénévoles ou non, qui suivent le rythme de l’enfant sans attentes ni forcing.
  • Jeu interactif : l’objectif d’une séance est d’échanger et de faire jeu partagé à égalité.
  • Evaluation trimestrielle selon une grille développementale qui mesure les progrès en développement.
  • Ce Parcours est découpé en 3 étapes développementales, de 0 à 3 ans de développement :
    • 0 à 18 mois,
    • 18 mois à 36 mois,
    • + 3 ans,

    qui font évoluer le planning et les types de jeux, introduisent peu à peu les apprentissages (ateliers Montessori) pour arriver par étapes à l’école.
    Trêve scolaire dans la phase 1 et 2 jusqu’au stade de développement de 3 ans.

2/ Prise en compte des particularités sensorielles

Un sensoriel différent

Une constatation 3i = un sensoriel de nourrisson dans un corps de grand

Auditif : entendent les ultra-sons,
Visuel : attraction de la lumière, vision en détail des visages et de l’espace.
Olfactivement : odorat puissant qui les envahit et explique leur sélectivité alimentaire.
Tactilement
: grande sensibilité, certains ne peuvent être touchés !
Sur le plan proprioceptif : non ressenti conscient de leur corps (mains, pieds), ni de la douleur
Sur le plan vestibulaire : flottent dans un espace non délimité, ressentent mal le sol et aiment les airs.

Hyper-connectivité et surcharge sensorielle

Pas de filtrage sensoriel : comme les bébés, ils ne filtrent pas les informations de l’environnement et sont inondés par un déluge d’informations sensorielles qui les font souffrir.
Leur cerveau est tel une cocotte-minute sensorielle qui peut exploser quand ils ne peuvent plus gérer la surcharge => crises de frustration ou repli total.

Un repli sensoriel entretenu par leur immense mémoire sensorielle

Ils n’ont que 2 solutions pour survivre dans un monde sensoriellement inadapté :
Soit celle de se replier dans leur monde intérieur clos , en se coupant des sensations :

  • ils s’y enferment, sans conscience, dans des plaisirs sensoriels visuels, auditifs, gestuels, tactiles, olfactifs vécus et entretenus par leur fabuleuse mémoire.
  • Ils les gardent empilés et ne veulent ni les modifier ni les perdre, d’où le besoin répétitif de les reproduire ou de les retrouver avec parfois forces ruses ;

Soit d’utiliser des stratégies compensatoires de filtrage qui les épuisent (se mettre en hypo sensibilité) pour survivre dans ce monde inadapté.

Ces particularités sont à la base de l’organisation tant humaine que matérielle des 3i
L’environnement, le planning, la présence humaine, l’approche, conditionnent la suppression des
souffrances, angoisses ou distractions sensorielles qui les replient sur eux.

Un environnement adapté

Une salle de jeu,
Cocon sensoriel, filtré,
Nid de bien-être, à l’abri de toutes ses distractions ou souffrances sensorielles, tant visuelles (murs nus, tamisant les lumières, opacification des vitres) qu’auditives (au calme, à l’écart du bruit, sol épais pour atténuer la résonance, calfeutré).
Lieu sécuritaire qui le rassure: dimensions réduites (7 à 15 m²), pour créer des repères qu’il perd dans les grands espaces.
Lieu de jeux sensori-moteurs :
Des jeux physiques surtout (trampoline, toboggan, balançoire, etc.), qui procurent une grande intensité de
plaisir (balancements, sautillements et
des jeux sensoriels (musique, livres, couleurs, jeux tactiles…) qui font évoluer le développement sensoriel. Le moins d’objets possibles sur les étagères , qui les enferment.

Un planning centré sur la salle de jeu

Vie régulière et sans changements (unité de lieu)
Séances de jeu, 7 jours sur 7, avec une évolution au fil des 3 phases :

  • le nombre d’heures en salle diminue au fil du développement au profit d’activités extérieures tant socialisantes
    que sportives ou éducatives avec un retour progressif en phase 2 et 3 aux activités extérieures collectives.
  • Lesséances de jeu sont associées souvent à de l’orthophonie ou de la psychomotricité ou musicothérapie si les
    parents le souhaitent.

L’esprit ludique 3i du lever au coucher : les parents prennent ce relais individuel et interactif dans les actes familiaux du quotidien: repas en « one to one » comme le tout petit, ni cris ni agitation, écrans limités ou supprimés, une vie régulière et calme sans stress,.
La fratrie est associée soit fait des séances soit les plus jeunes ont eux aussi des petites séances de jeu individuel en salle.

Une approche respectueuse des particularités sensorielles

Le jeu « libre » dans le cocon de la salle de jeu, sans programme ni attentes autre que le contact et l’échange et sans « guidage » imposé, sans sur stimulation crée la détente et supprime les angoisses et les crises nées du trop plein sensoriel et émotionnel.
L’enfant est le chef, on le suit sans initier; on est son double : on fait ce qu’il fait et on ressent ce qu’il ressent pour pouvoir rejoindre son monde. On attend le contact pour l’emmener dans notre monde en enrichissant le jeu de façon à créer l’imitation et l’interaction.
Le respect du rythme de l’enfant est essentiel : Intensité n’est pas pression ni sur-stimulation :

  • L’intervenant respecte les signes de fatigue en lui laissant des moments de répit dans son monde où on peut faire des gestes sensoriels apaisants (massages, balancements, câlins) sans chercher le contact ; s’il veut dormir, on le laisse. On recréera le contact quand il sera prêt.
  • En cas de crise, on se met en retrait, laissant exploser le trop plein sensoriel, en jouant seul sans l’appeler.
    Attitude joueuse, affectueuse et gaie que va ressentir l’enfant autiste qui est une éponge émotionnelle et va permettre le contact plus facilement.

Ces éléments novateurs, grâce à la plasticité cérébrale, permettent la réparation des connexions neuronales et permettent la reprise du développement ; expliquant les bons résultats des enfants.